Dictionnaire Voir
32 utilisateur(s) actif(s) (durant les 15 dernières minutes)
32 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)
Données du dictionnaire : - Commentaires : 298 - Définitions : 1093 - Membres : 1093 |
JUNG (CARL GUSTAV)
Soumis par Dicopsy, 31 mars 2006 00 20 | Dernière mise à jour 16 févr. 2012 55 13 | Vu depuis le 01/08/2010 : 1623 fois.
Définition : Psychiatre suisse (Kesswil, Thurgovie, 1875-Küsnacht, près de Zurich, 1961). Après des études en médecine à l'université de Bâle, complétées à Paris en 1902 aux côtés du psychologue français Pierre Janet (Paris 1859-id.1947), Jung fut assistant d'Eugen Bleuler (Zollikon, près de Zurich,1857-id.1939) à l'université de Zurich où il fut promu médecin-chef de la clinique psychiatrique. Sa rencontre avec Sigmund Freud (Freiberg, Moravie 1856 - Londres 1939), en 1907, fait suite à l'intérêt qu'il porte aux travaux de ce dernier : avant même leur rencontre, Jung se fit le défenseur des idées de Freud et des avancées qu'elles procuraient, sur les plans théoriques et cliniques, en matière de compréhension de l'inconscient.A cet instant, il peut être intéressant de mentionner que Carl Gustav Jung fut le premier collaborateur de Freud à n'être pas de confession israélite, ce qui permit à celui-ci d'éviter l'écueil qu'il craignait pour sa discipline naissante, la psychanalyse, à savoir que celle-ci ne fut qualifiée de "science juive". Toutefois, après avoir été son plus proche disciple, Jung s'éloigna de Freud, au terme d'une collaboration de 5 années. A l'origine de cette rupture, une divergence d'opinions sur la nature de la libido, que Jung désexualisa, pour considérer celle-ci comme "une analogie psychique de l'énergie physique" (Ma vie, 1961,page 242) et donc une forme d'énergie vitale. Nous devons à Carl Gustav Jung la notion d'inconscient collectif, qu'il distinguait de l'inconscient personnel. Si le dernier désigne bien ce qui est inconnu à l'intérieur de soi, incluant refoulements, perceptions et désirs, entre autres, le second ne fut développé qu'à la suite de ses nombreux voyages, en Europe comme en Afrique, où il visita les tribus primitives. Ses voyages et l'étude qu'il fit des gnostiques, de 1918 à 1926, lui permirent de développer cette notion d'inconscient collectif, fondement de l'imagination et constitutif des mythes et religions, peuplés d'archétypes. Freud n'adopta pas cette notion d'inconscient collectif et continua à développer ses techniques d'interprétation grâce aux associations libres, renvoyant à l'histoire du sujet et à ses fantasmes inconscients personnels, permettant à leur tour d'accéder à son vécu particulier du complexe d'Oedipe qui bien qu'étant par ailleurs généralisé dans son apparition, prend des formes spécifiques pour chaque individu. L'important parcours spirituel de Jung, lui valu à la fin de sa vie d'être parfois qualifié de Sage, bien qu'il récusa cette qualité, se percevant simplement comme un bon connaisseur du psychisme humain. Dans le livre Le meilleur des mondes sexuels : Le nouvel ordre mondial de la sexualité, d'Alain Toulza, nous pouvons lire dans le chapitre "La gnose suprême du Nouvel Age" un passage intitulé "la psyché ésotérique de Carl Gustav Jung" : Carl Gustav Yung (1875-1961) est un des plus grands noms de la psychanalyse. Fils d'un pasteur suisse, ce psychiatre dont la thèse de doctorat porte sur La psychologie des phénomènes dits occultes, rencontre Freud en 1907 et en devient un disciple fervent. Il fonde à Zürich la « Société Freud » (1908) et organise en 1909, à Salzbourg, le premier congrès international de Psychanalyse intitulé « Rencontre des psychologues freudiens », qui réunira 42 membres de six nations. A l'occasion du second congrès, tenu à Nuremberg en 1910, Freud le fait élire président de l'International Psychoanalytical Association qu'il vient de fonder. Mais Jung ne demeurera pas longtemps le dauphin rêvé de Freud. Depuis le début, il n'avait pas souscrit aux idées de son mentor sur le pansexualisme et a fini par s'opposer à lui, de façon plus âpre, sur la question de l'inceste. A son retour d'un voyage avec lui aux Etats-Unis, en 1912, au cours duquel il donne des conférences qui marquent déjà une forte distanciation d'avec la primauté de la libido que Freud défend dans son explication de l'inceste, il publie la seconde partie de son principal ouvrage, Métamorphoses et Symboles de la Libido. Cette publication creuse encore le fossé, établissant que le moteur premier de l'inceste n'est pas la pulsion sexuelle en direction d'un parent opposé mais le désir d'un retour à la mère, et assignant à la libido un rôle psychique et non sexuel comme c'était le cas dans l'approche freudienne du complexe d'Oedipe. Le premier tome du même ouvrage avait déjà introduit la notion d'imago, représentation inconsciente d'un personnage (plus précisément dans ce cadre, d'un parent proche, ascendant ou collatéral), qui sera très utilisée en psychologie analytique et que Jacques Lacan, l'un des précurseurs de la doctrine « queer », reprendra à son actif. Jung se prépare de Freud en 1913. En 1914, le différend s'aggrave et il se démet de ses fonctions de président de l'association freudienne qu'il quitte peu après. Il entreprend alors une démarche scientifique originale qu'il dénomme « psychologie analytique » et qui le conduit à l'étude de la psyché de la personne normale dans ses rapports à la société, à la spiritualité, à la mythologie et même à l'alchimie. C'est dans ce cadre de réflexion qu'il va dégager des concepts totalement innovants, dont principalement l'inconscient collectif, les archétypes psychologiques, l'introversion et l'extraversion, l'individuation. Ce n'est pas trop de dire que la contribution de Jung a été capitale dans la phase de croissance et d'adaptation du Nouvel Age à la mentalité occidentale à partir des années 1960. Certes, de nombreux aspects du corps de doctrine du Nouvel Age échappent au champ d'investigation de la psychanalyse, même élargi aux dimensions que lui a données le père de la psychologie analytique, mais il est patent que, sans lui, la Société théosophique d'Hélène Blavatsky (devenue « New Age Medium » en 1922) aurait eu beaucoup de mal à sortir de la longue période (entre 1875 et les années 1960) de son édification. Les membres et experts du Conseil pontifical de la culture ne s'y sont d'ailleurs pas trompés, qui citent le nom de Jung une quinzaine de fois – cas unique – dans leur document de Réflexions chrétiennes sur le Nouvel Age. Deux aspects fondamentaux de son oeuvre nous intéressent ici dans leurs rapports étroits avec la théosophie et, si l'on peut dire, la praxis du Nouvel Age : L'inconscient collectif et les notions de soi et d'individuation. L'inconscient collectif est étudié par Jung dans ses dimensions mythologiques et alchimiques à partir d'un rapprochement avec le Kunkalinî Yoga, qui est l'une des 22 écoles de la tradition indienne, liée au culte hindouiste inspiré des Tantras et qui confère des pouvoirs occultes et surnaturels (Sidhis). C'est Jung qui a introduit le Kunkalinî Yoga en Europe, par une série de conférences données au Club Psychologique de Zurich en 1932. Ce choix ne répond à aucune donnée scientifique mais à une inclination personnelle qu'il a « sacralisée ». Jung a toujours été préoccupé par la religion (cette dimension personnelle le différencie considérablement de Freud et ajoutera aux motifs de leur différend) ; Il est d'ailleurs notable que deux des essais qu'il a inscrits dans sa réflexion sur le concept du Soi sont respectivement intitulés Le symbole de la transsubstantiation dans la messe et Essai d'interprétation psychologique du dogme de la trinité. Mais sa croyance incertaine et instable le portait davantage vers le mysticisme oriental que vers la foi chrétienne. C'est sur la base de dimension ésotérique de sa psychanalyse et dans les conséquences de celle-ci sur l'orientation qu'il donne à la notion du Soi que Jung est vivement contesté dans le document du Conseil pontifical. En psychologie sociale le concept de Soi est défini comme un ensemble d'informations sur un individu, à laquelle il peut avoir accès. Pour Jung cette information regroupe en un même ensemble le conscient et l'inconscient (personnel et collectif, celui-ci étant à fort contenu occulte), c'est-à-dire, tous les constituants du psychisme. Le Soi serait, pour lui, synonyme de l'âme et l'inconscient collectif qu'il comporte serait la part intime de ce dieu qui est en toutes choses. Chez Jung, la personne ne peut aboutir à un équilibre individuel que dans la mesure où elle sait reconnaître dans le Soi le dieu intime qui anime et doit conduire sa vie. L'un des reproches adressés à Jung, est qu'il « n'a pas seulement psychologisé l'ésotérisme, mais il a aussi sacralisé la psychologie en la chargeant des contenus de la spéculation ésotérique. Il en a résulté un corps de théories qui permettent aux hommes de parler de Dieu en désignant en fait leur propre psyché, et de leur propre psyché en désignant la divinité. Si la psyché est « l'esprit » et si Dieu est lui aussi « esprit », parler de l'un équivaut à parler de l'autre » (Wouter J. Hanegraaff, New Age Religion and Western Culture. Esotericism in the Mirror of Nature, Leinden-New York-Köln, 1996). Mais le grief le plus important est que : « En réalité, Jung se réfère au « dieu intérieur », cette divinité essentielle qu'il voyait dans tout être humain. Il s'agit d'un point fondamental opposant le Nouvel Age au christianisme. Nombre d'ouvrages Nouvel Age expriment la conviction qu'il n'y a pas d'être divin « là dehors », ou du moins que celui-ci ne se distingue pas vraiment du reste de la réalité. Depuis l'époque de Jung, il y a toujours eu un mouvement professant la croyance dans « le dieu intérieur ». Notre problème, dans l'optique du Nouvel Age, est que nous sommes incapables de reconnaître notre propre divinité, une incapacité qui peut être surmontée avec l'aide d'un guide spirituel ou au moyen d'une série de techniques destinées à libérer notre potentiel caché (divin). L'idée fondamentale est que « Dieu » est présent au fin fond de nous-mêmes. Nous sommes des dieux, et nous pouvons découvrir le pouvoir illimité qui est en nous en éliminant une à une les couches d'inauthenticité. » (ibid.) Ce que Jeremy Tarcher, l'un des chantres modernes du Nouvel Age, exprime de façon plus ramassée : 1. Le monde, y compris la race humaine, est l'expression d'une nature divine supérieure et plus complète. La psychologie analytique de Jung ne semble pas trop avoir souffert des intromissions ésotériques de son auteur. Elle a fait école, au contraire, à travers une association internationale de psychologie analytique qui réunit les psychanalystes se réclamant de son œuvre et assure leur formation dans le cadre de l'Institut C.G. Jung installé à Küsnacht (Suisse). La société française de psychologie analytique, forte de 160 membres y est affiliée. Ajoutant que la psychologie junghienne a beaucoup influencé le chamanisme et certaines formes « reconstruites » de paganisme, comme le druidisme. ©Dicopsy.com : pour utiliser cette définition, veuillez en indiquer la source.
Liens :
- CG Jung : La liste des ouvrages de Carl Gustav Yung. |



Définition : Psychiatre suisse (Kesswil, Thurgovie, 1875-Küsnacht, près de Zurich, 1961). Après des études en médecine à l'université de Bâle, complétées à Paris en 1902 aux côtés du psychologue français Pierre Janet (Paris 1859-id.1947), Jung fut assistant d'Eugen Bleuler (Zollikon, près de Zurich,1857-id.1939) à l'université de Zurich où il fut promu médecin-chef de la clinique psychiatrique. Sa rencontre avec Sigmund Freud (Freiberg, Moravie 1856 - Londres 1939), en 1907, fait suite à l'intérêt qu'il porte aux travaux de ce dernier : avant même leur rencontre, Jung se fit le défenseur des idées de Freud et des avancées qu'elles procuraient, sur les plans théoriques et cliniques, en matière de compréhension de l'









0 Comments