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Données du dictionnaire :
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MYTHOMANIE


Définition :

Pathologie caractérisée par des mensonges chroniques. Ernest Dupré, fondateur du concept de mythomanie (datant de 1905), médecin psychiatre et médecin-chef de l'infirmerie du dépôt de la préfecture de police de Paris, définissait ce terme ainsi :

"Tendance constitutionnelle à l'altération de la vérité, à la fabulation, au mensonge et à la création de fables imaginaires."


Selon Ernest Dupré, la mythomanie est donc une pathologie constitutionnelle propre aux psychopathes et aux individus dotés de qualités intellectuelles médiocres. Il convient à ce stade de faire une distinction entre mythomanie bénigne et perverse.

- La mythomanie bénigne permet au sujet de satisfaire sa vanité en se valorisant à bon compte.
- La mythomanie perverse a une finalité maligne, elle se traduit par l'envoi de lettres diffamantes et la création de rumeurs destinées à détruire la réputation d'autrui.

Sigmund Freud étudia le concept de mythomanie et rapprocha celui-ci de la notion d'autosuggestion. Ceci dans le cadre de ses travaux sur l'hystérie et la suggestion, aboutissant au concept de clivage du moi. W.Stekel et H. Deutsch, en reprenant et en approfondissant la problématique du fantasme et de la réalité expliqueront ainsi les concepts de croyance particulière et de dédoublement de la personnalité au sein du discours du mythomane. Il est intéressant de noter que l'individu mythomane ne se sert pas de ses mensonges pour arriver à des fins pratiques, tel que l'escroc le ferait pour extorquer des fonds. La mythomanie semble au contraire satisfaire à un besoin d'équilibre mental, en permettant au mythomane de fuir une réalité qu'il reconnaît par ailleurs en son for intérieur. Il est souvent recommandé de ne pas écouter les mensonges du mythomane, au risque de l'ancrer plus encore dans cette fausse réalité qu'il a choisi par confort. Cela va donc à l'encontre des principes de neutralité et d'écoute bienveillante accompagnant la thérapie psychanalytique. De même, il est peu utile d'argumenter avec un individu mythomane sur la véracité de ses propos, au risque de provoquer une obstination elle-même renforçatrice. Une solution recommandée par nombre de psychiatres consiste à placer le mythomane en face de la situation déniée, afin de l'aider à prendre conscience de celle-ci.


Addendum :
Ci-dessous, un extrait du livre Dossiers X, ce que la Belgique ne devait pas savoir sur l'affaire Dutroux (page 8 au format .pdf) :
[...] Le troisième psy qui entre en scène est le médecin bruxellois Berger. Il était censé suivre
Raemaekers après sa libération conditionnelle anticipée en 1991. «Mais personne ne m’a fait savoir à l’époque que j’avais affaire à un pédophile», témoigne Berger. Contrairement à ses deux confrères, Berger croit aux bienfaits de l’internement. Pour lui, le procès en lui-même est un élément important de la thérapie que devrait suivre Raemaekers. «Pour un mythomane comme lui, la pire punition est la confrontation ultime avec lui-même. C’est ce qui a lieu dans cette cour d’assises

 



©Dicopsy.com : pour utiliser cette définition, veuillez en indiquer la source.

Liens :

- JC. Romand (.free) : Une analyse du mensonge et du mythomane, dans le cadre d'un site sur Jean-Claude Romand, condamné le 2 juillet 1996 à la réclusion criminelle à perpétuité.




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