Une conduite est intelligente si elle peut se généraliser à des situations différentes. Une conduite est donc intelligente si elle est généralisable ( le classement par exemple).
Une conduite est également intelligente si elle met en jeu la découverte d'une loi nécessaire et si elle permet de faire des prévisions fondées sur cette loi. L'association de faits répétés constitue une loi empirique, or la découverte d'une loi empirique n'est pas un acte d'intelligence (cela contredit la théorie behavioriste selon laquelle l'intelligence est fonction de l'apprentissage).
Enfin, précisons que la capacité de prévision augmente avec l'âge, les expériences et les connaissances.
Jean Piaget (1896-1980) montra que l'intelligence est une construction qui permet l'acquisition des structures cognitives, ou fonctions intellectuelles.
Jean Piaget observa l'enfant pour comprendre la mise au point des structures cognitives intelligentes. Il acceptait l'idée de structures cognitives chez les animaux. Il parlait de "conduites botaniques".
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- L'idée fondamentale de Jean Piaget est que l'intelligence se construit. Seul le cerveau est "acquis" héréditairement.
- La programmation de l'intelligence se fait par l'éducation, l'interaction avec le monde.
- L'hérédité offre les "précâblages".
- L'intelligence dépend des perceptions.
- Pour Jean Piaget, l'hérédité seule n'explique pas l'apparition des fonctions intelligentes. Serait-ce l'apprentissage qui joue le rôle principal ? Mais alors, il n'y aurait pas de paliers dans l'évolution de l'intelligence de l'enfant.
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Jean Piaget parle d'intelligence sensori-motrice et d'intelligence non verbale.
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- L'action sur les objets développe l'intelligence. La découverte des propriétés de l'objet permet l'abstraction.
- L'expérience logico-mathématique : On adapte ses actions aux propriétés abstraites des objets. C'est le début de la "réflexion sur soi".
- Les propriétés de l'objet peuvent être abstraites des situations réelles.
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Piaget distingue trois périodes dans le développement de l'intelligence : il définit des stades de progrès.
Il y a deux notions centrales dans la théorie de l'intelligence de Jean Piaget :
Le schème : Par exemple, le schème "tirer". C'est l'organisation d'une structure caractérisable et généralisable à plusieurs situations.
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- Tirer, prendre, sont des exemples de schèmes moteurs.
- Les schèmes sont généralisables. Ce sont des groupes d'actions généralisables.
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Les schèmes d'actions motrices finissent par être intériorisés (vers 2/3 ans), l'enfant acquiert la fonction sémiotique et peut se représenter ses fonctions.
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- Vers 7 ans, la fonction sémiotique agit pleinement. Cette fonction décuple les fonctions intellectuelles. Tout peut être manipulé.
- L'enfant peut aussi se représenter la coordination de ses actions sur les objets. Ces actions intériorisées sont des opérations.
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Certaines actions sont généralisables.
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Des schèmes opératoires apparaissent : l'enfant peut se représenter des opérations et les généraliser.
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Comment ces opérations s'acquièrent-elles au cours du développement ? Le développement est le même chez tout le monde, c'est le rythme qui change. L'intelligence peut se construire indépendamment de l'environnement ou du social.
Les fonctions cognitives :
1) Le lien entre mémoire et intelligence:
La psychologie expérimentale a travaillé sur la mémoire.
Ebbinghaus a montré que l'ordre de présentation des mots influence leur mémorisation.
Les participants à ses tests de mémorisation se rappellent surtout les premiers et les derniers mots d'une liste. C'est l'effet d'initialité et de récence. L'effet d'initialité peut être dû à l'attention.
L'effet de récence fut compris par la suite, avec la distinction entre la mémoire à long terme et la mémoire à court terme.
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- Pour distinguer les deux, on a utilisé le modèle informatique.
La R.A.M ( mémoire vive Random Access Memory) = mémoire à court
terme. Par exemple : Nous lisons un numéro de téléphone. Si l'on est interrompu avant la numérotation, le numéro est oublié. On peut s'en souvenir en revanche si le numéro est stocké dans la mémoire à long terme.
- L'effet d'initialité par la répétition, stocke les éléments dans la mémoire à long terme.
L'effet de récence est dû à la mémoire à court terme.
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2) Dans la mémoire à long terme, nous distinguons :
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- La mémoire épisodique : celle de notre propre histoire.
- La mémoire sémantique : celle des concepts sous forme de mots ou de représentations d'images.
- La mémoire explicite.
- La mémoire implicite ou procédurale : la mémoire des
automatismes moteurs.
- Les biologistes cherchent à isoler les supports de ces mémoires
dans le cerveau. Ils y sont partiellement arrivés.
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3) La méta-mémoire
C'est la connaissance par soi-même de ses propres stocks mnésiques.
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La méta mémoire a ses limites, surtout vis-à -vis de la mémoire épisodique (l'amnésie totale ou momentanée).
On peut avoir oublié des chapitres de notre histoire, mais en plus on a oublié que l'on a oublié.
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(La période de latence permet l'amnésie infantile, l'oubli de l'impudeur infantile).
4) La mémoire sémantique:
C'est là qu'entre en jeu l'intelligence. Il y a un lien entre l'organisation des éléments à mémoriser et le degré de mémorisation. Lorsque les gens ont une bonne restitution d'une liste de mots, c'est souvent parce qu'ils en ont mieux organisé les données. Le fait de donner un sens aux signifiants permet de mieux les retenir. Apprendre c'est organiser. Bien mémoriser c'est bien utiliser son intelligence pour bien organiser les éléments à mémoriser.
Les travaux de Jean Piaget sont capitaux. Mais la notion d'intelligence
naît avec les tests d'Alfred Binet (créés pour repérer
les enfants en difficulté).
1905 : Comment dépister les enfants susceptibles d'être en difficulté scolaire ? Donc, pour suivre les tâches scolaires,
on avait compris qu'il fallait des capacités préalables.
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- Il fut demandé aux psychologues de dépister les enfants à problèmes.
Une échelle d'intelligence fut mise au point en 1905 par Binet et Simon. A l'époque, le terme d'intelligence existait déjà mais il fallait encore apprendre à évaluer celle-ci.
- On chercha a évaluer cette intelligence avec des tâches hors
scolarité, car l'intelligence existe en dehors de l'école et l'enfant met en oeuvre son intelligence à l'extérieur.
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Alfred Binet, en mettant au point ses échelles, s'aperçut que certaines épreuves étaient franchies par stades. C'est la "sensibilité génétique" d'une épreuve.
L'enfant qui échouait auparavant réussit tout à coup.
Donc une fonction intellectuelle se crée subitement. Ce sont des structures mentales.
Binet ne conserve que les épreuves ayant une "sensibilité génétique".
Les épreuves sont constituées de processus complexes. Alfred Binet conçut la notion d'âge mental après avoir découvert le franchissement des épreuves par stade d'âge.
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- Si 75% d'une classe d'âge réussit cette épreuve, celle-ci est dite d'un âge mental de celui de cette classe.
- Les tests commencent vers l'âge de 5 ans.
- Vers 4 ans de retard d'âge mental, les enfants de 10 ans sont reclassés. Binet prit en compte les milieux d'appartenance des enfants mais chercha à créer des tests valables pour tous les enfants.
- Il s'agit de test d'intelligence globale mais, souvent, l'enfant doué dans un domaine l'est dans d'autres (c'est différent chez l'adulte). Pour Binet, l'intelligence est globale.
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Par exemple:
Les Américains eurent besoin en 1917 de former rapidement des cadres.
Ils durent les former très vite. Comment déterminer le plus vite possible les volontaires capables d'être cadre ? Les Américains s'inspirèrent des tests de Binet pour mettre au point des épreuves.
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- Ils développèrent les Q C M.
- Ces tests se heurtèrent à une difficulté : Il n'y a plus de progrès génétiques chez les adultes.
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On s'aperçut qu'il y avait deux types d'épreuves :
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- Les épreuves peu discriminatoires (par exemple parler Français, épreuve dans laquelle une part de subjectivité importante peut subsister dans
la notation).
- Les épreuves fortement discriminatoires (par exemple un examen mathématique dans lequel le résultat ne laisse pas place à la subjectivité).
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Les Américains conservèrent les épreuves discriminatoires.
Chez les adultes, il y a 3 catégories d'épreuves :
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- Numérique
- Spatiales
- Verbales
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Globalement, le succès numérique se généralise bien aux autres. Le succès à un test d'une épreuve se généralise aux mêmes tests de la même épreuve.
Il y a donc des aptitudes particulières qui entrent en jeu.
Finalement, nous obtenons à cette époque deux approches de l'intelligence :
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- U.S.A : L'intelligence est pluraliste : les aptitudes sont différenciées.
- Europe: L'intelligence est globale.
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Cependant, les tests U.S sont faits avec des adultes, ceux de Binet avec des enfants.
Ces tests permettent des prédictions. Le niveau de réussite aux tests est corrélé à la réussite aux épreuves d'encadrement. Les premiers tests s'appelaient army alpha test.
La difficulté aux tests va croissante car les tests doivent être effectués par tous. Depuis 1947, les tests sont restés les mêmes et leur efficacité fut prouvée. Le stockage des données, militaires notamment, permet une foule d'études sur les réussites familiales par exemple. L'intelligence reste cependant un concept aléatoire.
Binet, lui, avait une approche "opératoire".
C'est Jean Piaget qui a fait progresser les travaux sur l'intelligence :
Piaget était un enfant précoce (Q.I élevé). Il était fils d'universitaire et publia très jeune des articles scientifiques (à 12 ans, sur un moineau ). Piaget était Suisse. Il fut biologiste et philosophe. Il constata des progrès dans la logique humaine à travers les âges : "la pensée humaine s'élève progressivement".
De ce fait il s'intéressa aux progrès de la pensée chez l'individu.
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- Il étudia l'intelligence comme s'il était question
de "fonctions". Comme les fonctions organiques, les fonctions psychiques "émergent" progressivement.
- Pour étudier ces fonctions, on se concentre sur le moment ou elles
apparaissent.
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Pourrait-on définir des tâches intelligentes ? C'était une des questions d'Alfred Binet.
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