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ATTRIBUTION (THÉORIE DE L')


Définition : Les théories de l'attribution sont le point de départ de l'étude par les psychologues sociologues, des évènements et phénomènes qui nous entourent ( chômage, immigration, etc../).
Une attitude innée chez l'humain consiste en effet à attribuer à un événement une cause particulière : "si il lui arrive cela, c'est pour ça !". Cela fait de tout être humain un "psychologue naïfs".
La psychologie sociale étudie les mécanismes à l'origine de nos attributions.
Nous retiendrons en particulier sur ce thème les travaux de Fritz Heider (1896-1988), psychosociologue d'origine autrichienne dont un sujet de travail important peut être résumé comme suit :
comment l'homme de la rue perçoit et analyse son environnement ?
Ainsi, dans son analyse de l'explication des conduites d'un sujet par un autre, Fritz Heider opère deux distinctions majeures : la recherche des causes internes et externes.
Le principe est que le "psychologue naïf" commet des erreurs dans ses attributions, en privilégiant des causes internes pour expliquer une attitude.
Quelques exemples de causes internes : il est nerveux, il n'est pas intelligent, etc.
Quelques causes externes : la situation familiale, le poids de l'environnement, etc.
Les expériences prouvent que nous avons naturellement tendance à privilégier les causes internes. Ross nomma cela "l'erreur fondamentale d'attribution" (1977).

Prenons le cas d'un professeur cherchant à expliquer l'échec d'un de ses élèves :
Parmi les causes externes peuvent se trouver l'alcoolisme des parents, ou le fait qu'ils soient au chômage.
La recherche des causes internes pourrait se traduire par des remarques telles que : Il est fainéant, il est idiot...
Une évaluation trop importante des causes internes entraîne un désinvestissement des causes externes ( et vice et versa).
Exemple :"c'est le destin, c'était écrit" ou "c'est ma faute, c'est ce que je mérite".
Cela peut se nommer "le lieu de contrôle", interne ou externe. Notons qu'il existe des questionnaires pour permettre de déterminer le lieu de contrôle privilégié par un individu.

Une expérience de Fritz Heider :
Hypothèse :l'attribution causale d'une situation varie selon que l'on est ou non impliqué dans la situation.
Exemple de question:
- Un ami s'est fait volerson sac. Qu'en pensez-vous ?
- Quelqu'un s'est fait voler son sac. Qu'en pensez-vous ?
Résultat :
- Dans le premier cas, les causes internes sont recherchées en premier : le voleur est un ...
- Dans le second cas, les motivations du voleur sont plus souvent recherchées dans les causes externes : besoin d'acheter de la nourriture, de la drogue, etc.
Le jugement est aussi plus dur dans le premier cas.

Un autre exemple, dans les explications des succès :
- L' explication en cas de succès personnel va être trouvée dans des causes internes : "j'ai travaillé dur !", "je suis le meilleur".
- L' explication en cas succès d'un autre va être trouvée dans des causes externes :"il a eu de la chance".
- En cas d'échec personnel : des causes externes sont le plus souvent avancées ("ils m'ont gêné, ils ont triché, etc.).
- A l'inverse, pour expliquer l'échec d'autrui, nous aurons plus facilement tendance à aller chercher des causes internes :"il n'est pas doué" .
Notons que ce phénomène, massif, a pour raison principale la préservation de l'estime de soi, même au détriment de la prise en compte objective de la réalité.

Les théories de l'attribution : Comment explique-t'on les phénomènes qui nous entourent ?
Il s'agit de prévoir les interactions sociales. Les conduites sociales sont fondées pour tout le monde sur des prévisions.
Les travaux anciens, sur la perception d'autrui, sont à la base des travaux sur l'attribution.
Nous prêtons spontanément des sentiments et des buts aux autres.

Le modèle d'Harold Kelley : le principe de covariation ( 1967).
Imaginons que nous allions au cinéma avec notre conjoint. Ce film nous plaît énormément, nous en dirons "c'est un chef d'oeuvre !". A quoi est due cette émotion, ce sentiment d'avoir vu un chef d'oeuvre ?
- C'est un effet extérieur : la présence de l'être aimé.
- C'est effectivement un chef d'oeuvre.
- Nous adorons le cinéma et cela se répète à chaque film.
- Le film réveille en nous certains éléments, il "résonne".
Comment savoir si ce film est vraiment un chef d'oeuvre dans ce cas ? Il va falloir éliminer certaines explications.
Nous allons rechercher les éléments associés à la conduite, à l'émotion. Les faits
extérieurs, les comportements des acteurs du film doivent être recensés.
Un moyen est aussi de demander l'avis des autres spectateurs.
Ainsi, quels mécanismes les gens utilisent-ils pour leurs attributions ? Ils éliminent des critères, ce sont les covariations ou éléments associés à la conduite.
La méthode est la même que pour les scientifiques, mais son degré d'objectivité diverge.

Le modèle de Jones et davis ( l'élimination):
Les psychologues Jones et Davis pensent que l'idée de Kelley s'applique rarement. L'urgence de l'attribution, le manque d'informations peuvent gêner la méthode de "covariatios".
Ils privilégient la recherche des effets non communs, qui suppose que l'acteur a des intentions et des aptitudes pour faire ce qu'il fait.
Un exemple : Hélène a des prétendants au mariage.
-Jean,riche,séduisant, socialement haut placé.
-Paul,riche,séduisant, veut des enfants.
-Pierre, séduisant et intellectuel.
L'attrait physique n'est pas pertinent, car commun à tous.
Hélène épouse Jean.
Quelles attributions faisons-nous à son choix ?
Première explication : Vraisemblablement, nous allons éliminer l'intérêt des caractéristiques de ceux qui n'ont pas été choisis.
Deuxième explication : Une action ou une caractéristique communément désirable n'est d'aucun secours pour décider de l'intention qui la soutien.

Aucune attribution ne peut être entachée d'aucune erreur. Les causes internes, si elles ne sont pas déterminées via des tests objectifs, sont plus à même de n'être que des projections personnelles de la part de la personne expliquant l'attitude d'autrui. Les jugements risquant tout autant de ne reposer que sur des interprétations. Le champ de conscience d'un individu, et donc le point sur lequel il va prioritairement faire porter son intention, étant fondamentalement déterminé par ses motivations et préoccupations personnelles.

La question des attributions rejoint celle des images sociales de la personne :
Dans le contexte professionnel, d'écrire un métier, c'est décrire les qualités de celui qui l'exerce. Nous avons des théories implicites sur la personnalité des gens, attribuées en fonction de leur profession ( un comptable est rigoureux, un vendeur est extraverti, etc...).
Mais l'exercice d'un métier donne aussi des qualités.
Un métier qui ne plaît pas ou des compétences personnelles peuvent ne pas être en cause dans l'échec du personnel : la raison se trouve parfois dans l'ambiance professionnelle.



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