Aller au contenu

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

51 utilisateur(s) actif(s) (durant les 15 dernières minutes)

51 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)

  • Google,
  • Facebook,
  • Alexa


Nouveaux membres : login, malek bouhani, chouchou, dorothee, rafik,

Données du dictionnaire :
- Commentaires : 298
- Définitions : 1093
- Membres : 1093

- - - - -

CONSEIL


Définition : Avis donné ou demandé à autrui au sujet de la marche à suivre dans une situation particulière.
Pour être bon, le conseil doit s'inscrire dans une relation d'humilité. Humilité du demandeur/récepteur, qui doit savoir accepter ou pour le moins écouter un avis qui ne lui sied peut-être pas de prime abord. Humilité du donneur/émetteur, qui doit avoir conscience de ses responsabilités, de la personnalité de son interlocuteur et de ses connaissances pré-existantes.

Dans son livre La cité oubliée, M. l'Abbé François Chazal (FSSPX), nous donne quelques critères pour mieux apprécier la notion de conseil :

C’est un tort courant de confondre la nécessité de gouverner soi-même et le fait de n’écouter aucun conseil : pourtant, un oeil ne voit pas si clair que plusieurs. Beaucoup n’ont pas l’humilité de Moïse, se hâtant de déférer aux remarques de Jéthro. Ils tombent dans ce travers parce qu’ils supposent que leur office donne plus de prestige, une meilleure vue de la situation générale, plus d’influence sur les événements et éloigne des petits intérêts mesquins. Toutefois, le plus habile homme du monde doit souvent écouter les avis de ceux qu’il pense même être moins habiles que lui. et] on tire profit de toutes sortes d’avis : les bons sont inutiles par eux-mêmes et les mauvais confirment les bons. (Richelieu, Testament Politique).
Le seul cas qui dispenserait le chef de prendre conseil serait son propre manque de sagesse, parce que dans ce cas, sa bêtise l’empêcherait d’écouter les meilleurs conseillers, de comprendre ce qu’ils disent ou d’en tirer avantage.

Le but de la prise de conseil est l’évaluation des performances, comme le dit lapidairement Alfred Sloan. Le chef évalue un agent ou une opération par la connaissance des idées qui habitent dans l’esprit des autres. Une telle enquête permet d’achever ses propres pensées en les mettant au dehors, au lieu qu’on les gardait auparavant confuses, imparfaites et seulement ébauchées (Louis XIV, Mémoires et Réflexions), ne serait-ce que par l’absense d’objections. Le prince doit aussi reconnaître que son ministre ou conseiller peut avoir plus d’expérience que lui, être plus âgé, avoir fait plus d’études sur le sujet qui l’intéresse : bref, le conseiller peut connaître mieux les faits contingents et avoir moins de chances de se tromper. A cela on ajoute que le conseiller a une vision beaucoup plus directe et libre de ce qui se passe aux échelons inférieurs. Il est donc incontournable, il faut lui faire comprendre qu’il peut parler librement, sans péril.

Dans son testament, Saint Louis énonce trois qualités essentielles pour le conseiller : la prudence, la loyauté et l’absence de convoitise. Richelieu ajoute qu’il faut qu’un conseiller ait une certaine fermeté de caractère, parce qu’il participe à l’imperium de son chef ; et comme cette parcipation ne s’étend pas à tous les domaines, ni à la totalité de l’exécution, c’est assez que son coeur soutienne sa tête, bien qu’il ne puisse faire agir son bras. Il faut aussi qu’il sache tenir ses propres affaires et possède une certaine modestie qui le rende capable d’écouter lui-même les conseils.

Il est clair que bien souvent un conseiller cherche autre chose que la fourniture de sages avis et se comporte comme un sanglier dans une vigne ; ce qui oblige un chef à ceci :

- Bien le connaître, bien observer son comportement : la meilleure manière étant d’entretenir une forme d’amitié avec lui, pour garantir effectivement la diligence et le secret, sans lesquels toute grande entreprise est impossible.
L’observation est nécessaire pour trouver le conseiller qui convient ; parce que le problème majeur, c’est que les gens entreprenants et discrets ne se trouvent pas à tous les coins de rue. Si la vie politique est une haute forme d’amitié, gouverner c’est se trouver de grands et véritables amis.
- Déterminer à l’avance quel type de conseil le chef recherche. Le conseiller a une puissance sur une partie de la volonté du chef, c’est pourquoi ce dernier doit d’abord choisir une ligne politique avant de s’entourer.
- Savoir ses affaires à fond. Un roi qui ne les sait pas, dépendant toujours de ceux qui le servent, ne peut bien souvent se défendre de consentir à ce qui leur plait (Louis XIV, Mémoires et réflexions).
- Maintenir chacun dans sa charge propre. Prévenir attentivement les empiètements.
- Partager le conseil, de telle sorte que la jalousie de l’un freine l’ambition de l’autre (Louis XIV, ibid). De toute manière, le chef, dit Cicéron, doit se résoudre à écouter beaucoup de sottises. Il doit en effet écouter beaucoup de gens pour croiser ses renseignements, pour éviter aux gens de lui mentir en faisant savoir qu’il plusieurs voies pour apprendre la vérité. Louis XI avait deux défauts dont tout le monde se plaignait : un amour loufoque pour les chiens et, dans sa recherche continuelle d’informations, était bavard au point d’en être fatigant.
- Ne jamais donner à penser qu’un conseiller intime soit en pouvoir de donner à son gré bonne ou mauvaise impression sur tel ou tel sujet. Si c’était le cas, on perdrait la possibilité d’étouffer les maux à leur source et l’occasion de rendre de très grands services.
Il faut donc donner à tous les membres d’un conseil rapproché la même liberté de proposer leur opinion et éviter qu’ils aient le besoin de s’adresser à d’autres pour faire passer leurs idées (Louis XIV). Richelieu ajoute que le dernier point de fidélité auquel un bon serviteur peut atteindre est de servir au goût de son maître, au hasard de fâcher ceux qui ont plus de faveur auprès de lui.
Le même pense aussi qu’il y a toujours une contrariété (ou opposition) entre des puissances égales, on le comprend. De facto, tout conseil a un chef pour arbitrer cette contrariété, que ce chef soit roi, doge, premier ministre, président, etc.
- Entretenir la communauté d’intérêts avec les conseillers et ministres, construire incessamment la réalité d’un soutien et d’une fidélité réciproque. Ce fut le grand conseil de Charles Quint à son fils, Philippe II : faire la prospérité de ceux qui ont réellement à coeur de faire la prospérité de l’Etat. Le fait est que si le ministre est réellement fidèle, il s’expose à autant de calomnies et d’attaques que son chef, ce qui mérite récompense. Les vraies louanges du ministre d’Etat sont les plaintes que les méchants font de lui. (Richelieu, Testament Politique)
- Se défier des louanges ; chose difficile en soi. Une bonne recette consiste à pousser périodiquement les sycophantes à louer ce que l’on croit avoir mal fait, pour les détecter et éviter que l’adulation ne se reproduise. Humble pour soi-même, mais fier à cause de la place qu’il occupe, le roi Lear doit comprendre qu’une certaine humilité est la clef de la compréhension des situations et de leur maîtrise ; que ceux qui ne savent pas l’approcher correctement peuvent être en fait plus fidèles que les autres.



Toutes ces précautions se résument : le dirigeant doit se garder de perdre, sans s’en apercevoir, son indépendance de jugement dans la collecte des informations et dans l’élaboration de sa synthèse. Il faut qu’il évite de créer des favoris déclarés, des gens à qui on attribue indument l’évaluation et la prise de décision.
Un conseil sage est tel par la force de son raisonnement et par son efficacité. Il a un caractère cohérent. Une fois parvenus à une décision convenable les rois doivent être jaloux qu’il y a force en leurs résolutions et fermeté en leurs conseils. (richelieu). Les conseils trop fins et délicats sont comme les aiguilles dont la pointe se romp à force d’être trop affilée.



©Dicopsy.com : pour utiliser cette définition, veuillez en indiquer la source.



0 Comments