Les idées fondamentales du concept d'identité :
1)La permanence et la continuité :
Au cours des changements survenant dans la vie d'une personne, celle-ci sait qu'elle est toujours la même, qu'elle a la même identité. Une identité sociale se construit notamment par les "répétitions touchantes" de l'enfance.
Unité et cohésion :
Nous savons qui nous sommes parce qu'il n'y a pas de clivage dans notre personnalité. Nous gardons les mêmes réactions, nous sommes cohérents avec nous-mêmes.
Comparaison entre des similitudes et des dissemblances qui permettent de se démarquer de ce qui diffère du moi :
Nous construisons ou percevons notre identité par différenciation entre les perceptions et les évaluations de nous-mêmes et des autres, ou au contraire par notre ressemblance avec un groupe.
Les découvertes et expériences que nous faisons au cours de la vie peuvent influencer la perception de notre identité.
Selon Eric Erickson :
L'identité est "une réalité intime, un ressenti". C'est un sentiment toujours remis en question.
[indent]"Sommes-nous en accord avec nous-mêmes, ou nous sommes-nous travestis pour plaire...?"[/indent]
L'identité est aussi un processus social qui prend et trouve sa source dans le regard de l'autre et l'interprétation que nous en faisons. C'est un processus actif de représentation dû à un travail collectif.
Des psychanalystes sociaux, comme Evelyne Kestenberg, ont développé les concepts d'identification et de processus inconscients identificatoires.
Le processus de séparation du nourrisson de sa mère serait à la base de la construction de l'identité, extrêmement intime et ressentie à ses débuts.
L'identité au travail :
Apparu vers le 12e siècle, le mot travail était employé pour signifier la douleur de la femme qui accouche, ou celle du condamné torturé.
Ce n'est que vers le 18e siècle que le travail devient un objet de réflexion. Friedrich Hegel, en 1805, écrivit la Phénoménologie de l'esprit ("dialectique du maître et de l'esclave" : il y a une lutte pour la reconnaissance dans le travail).
Plus près de nous, en 2002, Axel Holleph, sociologue Allemand, reprend Hegel dans La lutte pour la reconnaissance. Selon Holleph, l'objet de la philosophie morale est de définir le mal et le bien. Cette discipline doit donc placer très haut le concept de besoin de reconnaissance par l'autre.
Moins le sujet sera autonome, plus il dépendra d'autrui pour la reconnaissance de son identité. L'estime et la reconnaissance de chacun fondent la solidité du groupe.
Sigmund Freud :
Il n'aborda pas directement le milieu professionnel, sauf dans son ouvrage Malaise dans la civilisation, où se retrouvent quelques lignes pour signifier que le travail est un "lot de consolation", ayant une fonction humanisante et contribuant à l'émergence du sujet somato-psychique.
Le travail serait un vecteur économique de la subjectivation. Il y a donc des bénéfices libidinaux au travail (les contacts avec autrui, la reconnaissance, la sublimation, etc...).
Renaud Sainsaulieu :
Sociologue, ayant travaillé au Conservatoire National des Arts et Métiers, il développa le concept d'identité au travail au travers de quatre aspects de celui-ci :
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- - L'identité réalisée : est-on bien au travail ?, le plaisir compense-t'il la souffrance?
- - L'identité de retrait : des employés sentent qu'ils vont être mis à l'écart, ils se désintéressent de la tâche et de l'entreprise.
- - L'identité d'exclusion : les licenciements et les tâches ingrates.
- - L'identité de négociation.
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La question du genre :
Le travail, la tâche, est-il masculin ou féminin ?
Certaines professions peuvent causer des problèmes identitaires (militaire, chauffeur, puériculteur...).
La violence au travail :
Certains personnels peuvent être maltraités (chauffeurs de taxis, enseignants, assistances sociales, domestiques expatriés, etc...).
Selon Christophe Dejours (ex-responsable de la chaire de psychologie du CNAM) :
La perte de travail est une perte de reconnaissance et une mise en deuil de l'identité. Le chômage entraîne une "perte du goût de la vie", il faut alors recréer une motivation psychologique. Des difficultés de réadaptation peuvent survenir. Les efforts au travail se poursuivent en dehors du lieu de travail, justement pour s'y adapter. La vie hors travail est donc organisée en fonction de celui-ci.
La dérégulation du travail entraîne une augmentation de sa précarité (plus de C.D.D, d'intérim, de stages, etc...).
Néanmoins, il est mauvais de dire que le marché du travail est "en crise". Ce point de vue erroné part du principe que le fonctionnement du marché du travail est le même que dans les années 1970, mais qu'il rencontre des problèmes à notre époque.
Or, le marché du travail est désormais d'une nature totalement différente et les référents doivent être modifiés pour favoriser l'évolution des mentalités et "fluidifier" l'adaptabilité des employés.
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