Psychologie Générale >> Définition :
A chacun des cinq sens correspond une façon de s'informer sur le monde. La perception est donc un filtre de la réalité, car nos sens, limités en nombre, le sont aussi en capacité (par exemple, la vue humaine ne peut percevoir les infrarouges, l'ouie humaine omet les ultrasons, notre olfaction est très limitée...). Donc, notre perception du monde n'est qu'une approche parmi d'autres possibles.
Les expériences de psychologie expérimentale montrent que notre perception du monde n'est pas qu'un simple enregistrement passif du monde extérieur (comme une photo). En fait la perception est un processus complexe qui nécessite une construction mentale consciente de l'objet perçu, appelé "percept". Les perceptions sont des sensations, il est utile de connaître les seuils perceptifs.
Qu'est-ce que la perception?
Pour comprendre la perception, il faut partir de l'idée que tout organisme vivant prélève des informations dans son environnement.
La perception dépend aussi de l'état dans lequel se trouve la personne qui perçoit. Les intérêts, la recherche d'un but, forment l'attitude perceptive qui va orienter la perception au moment où la stimulation intervient.
Rappel physiologique :
Le système nerveux est constitué (en résumé) :
La manière de reconnaître les choses est-elle innée ou acquise? Y a t'il un mécanisme innées ou acquis?
Hubert et Wieser ont mené des expériences sur des chatons.
Il y a donc des détecteurs innés de la forme (des "précablages").
Le support biologique de la pensée est le système nerveux.
Les études sur la perception "psychologique" :
Ces études débutent avec les travaux sur les seuils perceptifs (à Leipzig, avec Wundt au début du 20eme siècle) et les perceptions élémentaires : les sensations.
Par exemple: A partir de quelle différence de luminosité va t'on percevoir une autre couleur? C'est le problème des seuils perceptifs.
Avec les premiers travaux était admise l'idée que les fluctuations de seuil chez un même individu étaient dues à des "facteurs aléatoires".
Dans la perception entre en jeux des facteurs motivationnels :
C'est la "théorie de la détection du signal".
Prenons l'exemple des soldats chargés de la surveillance radar lors de la Seconde Guerre Mondiale:
Les travaux sur la perception concernent les cinq sens : Leur but est de comprendre ce qui reste de l'objet physique perçu après l'acte perceptif.
Les premiers psychologues commencèrent à étudier les seuils de perceptions et leurs marges intra-individuelle.
Les quatre approches de la perception en Psychologie
L'approche biologique:
L'idée est que toute activité mentale se traduit de manière physiologique et suppose donc un support biologique, notamment le système nerveux. Prenons l'exemple de la perception et de la distinction des couleurs. Les cônes de l'oeil, pigmentés, permettent cette distinction. L'approche biologique est indispensable mais n'explique pas tout. Ainsi, à titre d'exemple, pourquoi les gens qui cherchent des champignons en foret sans être habitués à cette activité ne les distinguent-ils que difficilement?
L'approche comportementale:
Celle-ci consiste à étudier ce qui est observable de l'extérieur
. L'approche comportementale stricte ne tient pas compte des états mentaux
du sujet. Il faut distinguer la méthode ("observation directe")
de la théorie psychique. Cette approche connaît une dérive
au début du 20eme siècle, avec le behaviorisme.
Le behaviorisme est en effet centré sur une fonction du psychisme, le
conditionnement,
ou apprentissage (apprentissage
de conduites par association de stimulations-réponses). Les représentants
les plus connus du behaviorisme sont Watson et Skinner. Cette approche fut importante
jusque dans les années 1930 (1960 aux Etats-Unis).
L'approche cognitive ou "cognitivisme":
L'ordinateur fut inventé à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale (1948). Puis il y eu l'intelligence artificielle dans les années 1950. Il fut essayé de copier l'intelligence humaine. Des chercheurs voulurent copier des actes intellectuels. Il est possible de "matérialiser" la pensée et il fut essayé de se la représenter: "Je rentre des mots dans la machine, un programme les classes par ordre alphabétique". La psychologie cognitive va se mettre à envisager la pensée humaine selon le modèle informatique.
Toute une série d'étude en psychologie, sociale notamment, consiste à étudier les représentations des gens.
L'approche psychanalytique:
Cette approche, fondée par Freud, consiste à envisager le psychisme d'une manière originale. Le psychisme est en grande partie inconscient et est aussi un réservoir de désirs et de pulsions. L'approche psychanalytique se penche sur ce qui nous pousse à agir, notamment malgré nous, puisque nos motivations profondes et donc réelles nous sont souvent inconnues. Parfois, en découvrant nos motivations réelles, nous pouvons être surpris. Il y a une différence entre le but et la finalité, celle-ci étant inconsciente et non définie.
La sexualité tient une place centrale dans la vie psychique du sujet, sous forme d'impulsion.
L'approche psychanalytique n'est pas simplement une théorie du psychisme, elle sert de thérapie et de méthode de développement personnel.
Nous rappellerons que la psychologie est une science jeune, cela pour expliquer le fait qu'il y a plusieurs approches différentes et donc non unifiées.
Quelques expériences
Un objet perçu est une structure d'éléments sensoriels. Les gestaltistes ont créé des lois de la forme (une structure non perçue est une mauvaise forme).
Par exemple:
Trouvez le mot mal orthographié:
Français___ Allemand___Itln
Il y a fort à parier que vous avez répondu "Italien". Ceci car ce mot semble présenter un point commun avec les mots "Français" et "Allemand". Pourtant aucune indication ne permet de trouver le mot juste, qui aurait pu être n'importe quel autre mot comprenant ces quatre lettres. C'est la forme générale qui a influencé la perception du dernier mot.
Les gestaltistes parlaient de champs cérébraux influençant
la perception des formes. Des mécanismes innés favorisent la détection
de certaines formes plutôt que d'autres. La manière dont les données
sont organisées dans la mémoire favorise ou non l'accès
aux souvenirs.
Une expérience de Mac Ginnies (1949):
Nous présentons des mots sur un écran et nous calculonsle temps d'identification des mots. Il y a 19 mots dont 11 mots neutres et 8 mots tabous à connotations sexuelles ou violentes. L'hypothèse est que les mots tabous créent une réaction émotionnelle. Nous allons le vérifier par réaction électrodermale (en plaçant des électrodes électrodermales dans la paume de main des sujets afin qu'elles réagissent au contact de la transpiration). Est-ce que les mots s'accompagnent d'une réaction émotionnelle?
Une expérience de Bruner et Goodman sur les "valeurs":
On présente sur un écran des pièces de monnaie à un sujet ainsi que des disques sans représentations. Le sujet projette alors des disques lumineux avec un projecteur de façon à ce que la projection soit de même taille que la pièce présentée.
De plus, les enfants de milieu défavorisé surestiment plus la taille des pièces, donc un objet désiré est aperçu plus grand qu’il n’est vraiment.
Notre perception est déterminée par ses éléments formels et par tout notre psychisme (but, personnalité):
Bruner démontra donc que les facteurs fonctionnels (buts, désirs, personnalités) influencent notre perception.
La notion de « trace mnésique » ou « schème perceptif »:
La trace est un mécanisme s’apparentant à la catégorisation. La perception est:
(1) Catégorielle : Percevoir c’est catégoriser. On se réfère aux catégories connues pour classer les perceptions nouvelles.
(2) Inférentielle : La perception est un captage de simulation sensorielle. Cet ensemble de propriétés va permettre de classer la perception.
3) Prédictive : Un chasseur percevant une forme bruyante déterminera qu’il s’agit d’un animal et va prédire sa fuite.
Toute perception est classable, reconnaissable, identifiable
Bruner et "l’attitude perceptive" ou l’état de préparation du sujet au moment de la perception:
Pour percevoir quelque chose il faut y être préparé, c’est là qu’entrent en jeu les facteurs fonctionnels. Par exemple:
Certains états préparatoires sont pré-induits par le contexte.
Par exemple : La faim mobilise les schèmes nutritifs et nous percevons mieux la nourriture (jusqu’au point où un mécanisme de défense peut se mettre en place, en cas de douleur excessive due au manque). C’est un mécanisme important, pour la survie notamment.
Un schème perceptif est une trace. Il fait donc intervenir la mémoire ou l’expérience acquise. Percevoir l’autre, c’est donc aussi prévoir ce que l’autre va faire. La perception d’autrui détermine l’attitude que l’on va avoir à son égard.
L’influence du groupe sur la perception: Asch 1955.
Nous avons des images, règles ou autres que nous présentons en groupe. Un seul membre du groupe est le sujet, les autres sont des complices.
Liens :
- institut Nicod CNRS
Perception et action : Contenus non-conceptuels.
[ajouté le 01-10-2005 ]
- Institut national de recherche et de sécurité
Travaux sur la perception et sécurité sur le lieu de travail.
[ajouté le 01-10-2005 ]